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Sommaire.

- L’Osterlammele, madeleine de Proust des Alsaciens ?
des origines d’une collection. - Les origines chrétiennes d’une tradition.
Quelques éléments pour comprendre une tradition. - Vitrines pendant la semaine Sainte en Alsace.
Images de vitrines pâtissières à Strasbourg. - Les potiers de Soufflenheim, un peu d’histoire…
et les différents types de moules à pâtisserie traditionnelle. - Une étude de 1959 sur les moules à Osterlammele.
par Adolphe Riff, alors conservateur du Musée Alsacien de Strasbourg.
- Les Lammele du Musée Alsacien de Strasbourg.
- Dans la bergerie du Bon Pasteur…
- Scène de chine en Alsace (vidéo)
- Les premières pièces d’une collection.
- Tentation : un intrus dans la bergerie…
- Une bibliographie sommaire à compléter.
- Agneaux égarés cherchent Bon Pasteur…
au gré des brocantes. - «Osterlammele» : la recette.
- La fabrication traditionnelle de l’Osterlammele.
Un reportage photographique chez mon boulanger. - Un film sur les moules à gâteaux en terre cuite de Soufflenheim
- Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…
quelques mots-clé.
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Les potiers de Soufflenheim, un peu d’histoire…
Région riche en gisements d’argile, la production de céramique peut être suivie en Alsace sans interruption depuis plusieurs millénaires.
Vers 450 av J.C., des peuplades venues du bassin danubien réalisent des poteries montées au colombin dites au décor «rubanné». Romaine, mérovingienne ou carolingienne, la poterie alsacienne évolue avec les techniques. La glaçure plombifère apparaît à la fin du XIIIe siècle et reste en usage jusqu'à l'interdiction du plomb dans les glaçures à la fin du XXe siècle. A la fin du Moyen-Âge, la poterie alsacienne s’intègre dans la tradition rhénane. Dans les villes et dans les villages, plusieurs dizaines de centres potiers se développent. Le décor au barolet apparaît au XVIe siècle. De nombreuses foires spécialisées attestent de la vitalité de la production potière de l'époque.
Au XIXe siècle commence le regroupement des ateliers qui aujourd’hui se concentrent à Soufflenheim (terre vernissée) et à Betschdorf (grès). Les ateliers familiaux de ces deux villages perpétuent la production des formes traditionnelles toujours utilisées pour la cuisine régionale mais ils ont trouvé aussi dans le tourisme un débouché important.
L’atelier de tournage
du potier Adolphe Burger.
Soufflenheim, vers 1920.
Carte postale.
La pratique de la poterie à Soufflenheim remonte probablement au IIe millénaire avant J.C. Ce sont les nécropoles tumulaires fouillées au voisinage de Soufflenheim qui ont fourni les plus belles pièces de la magnifique collection de poteries de l’âge de bronze du musée de la ville de Haguenau. On en déduisons qu’il a dû y avoir des potiers sur les emplacements actuels de la commune dès le début même du IIe millénaire avant J.C. Y a-t-il eu continuité dans la lignée de ces artisans ? Rien de positif ne le prouve. Ce n’est qu’au XIIe s. que nous croyons en retrouver (la localité même de Soufflenheim nous apparaît pour la première fois signalée dans les archives en 1147 sous le nom de Sulvelnheim). Une tradition fort répandue veut que Soufflenheim ait eu au XIIe s. de nombreux et habiles potiers. Les potiers de l’époque auraient fait cadeau à l’Empereur Barberousse qui résidait à Haguenau d’une crèche en terre glaise de Soufflenheim. Celui-ci leur aurait accordé, ainsi qu’à tous les descendants mâles, le droit perpétuel d’extraire gratuitement du sol de la forêt de Haguenau l’argile nécessaire à la pratique de leur métier.
Au XVe et XVIe s., il existe des documents tout à fait précis et sûrs où il est question des «Schüsseldreher», c’est-à-dire des tourneurs des terrines et des «Hafner» ou potiers de Soufflenheim. Ceux-ci furent reçus dans la confrérie des potiers d’Alsace, confrérie qui avait obtenu ses statuts le 9 novembre 1622 de l’Empereur Frédéric II.
La poterie Théodore
Siegfried à Soufflenheim
en 1911.
Doc. Marc Grodwohl.
Après un déclin au XVIIe dû à la guerre de Trente Ans, la poterie renaît dans le village mais reste modeste. C’est avec le changement des pratiques culinaires (abandon de la cuisson directe dans la cheminée au profit des fourneaux) à la fin du XVIIIe siècle, que les potiers de Soufflenheim vont connaître un âge d’or. Les nouveaux modes de cuisson vont entraîner la création de nombreux récipients et la terre vernissée est particulièrement adaptée à ces usages.
En ce qui concerne le XVIIIe et XIXe s., nous avons une masse de renseignements fournis d’abord par de nombreux objets et surtout un grand nombre de documents écrits. Ainsi, d’après un recensement fait en 1837, il y avait à Soufflenheim cinquante-cinq ateliers de poterie employant plus de six-cents ouvriers.
Un marchand ambulant
de poteries à Soufflenheim
au début du XXe siècle.
Doc. Marc Grodwohl.
Le XXe siècle voit le déclin progressif de la production face aux matériaux nouveaux (aluminium, plastique, verre moulé...) et les potiers durent adapter leur production et leur mode de distribution. Depuis lors ce nombre n’a fait que diminuer. Aujourd’hui il n’y en a plus que dix-neuf à perpétuer cette tradition, plaçant tout de même Soufflenheim second centre-potier de France.
Sources : OT de Soufflenheim et sifflets-en-terre-cuite.org
Bibliographie : Lucien Sittler, Marc Elchinger, Fritz Geissert. « Soufflenheim : Une cité à la recherche de son histoire », Société d’histoire et d’archéologie du Ried nord, 296 p. 1987.
Les différents types de moules à gâteaux alsaciens.
Les formes des moules à gâteaux sont nombreuses et caractéristiques de l'art populaire alsacien, on y retrouve :
Le kouglof ou kougelhopf ou gugelhupf représentait à l'origine le soleil rayonnant des celtes tel le triskel, symbole protecteur.
Le poisson est le symbole de la chrétienté, lors du nouvel an les chrétiens s'échangeaient ce gâteau entre eux.
Le poupon qui symbolise l'enfant Jésus qui vient de naitre, on l'utilisait à Noël et lors des baptêmes.
Le cœur, celui des amoureux et celui de la passion du
Christ qui est entouré de la couronne d'épine et pour certaines pièces
une croix, un agneau ou les clous de la crucifixion étaient représentés.
La fleur de lys qui était l'emblème de la royauté, on
s'en servait lors de la fête des rois mages, de l'anniversaire du roi
ou lorsque une famille de nobles locaux fêtait un évènement particulier.
L'écrevisse, symbole de fécondité en raison du nombre
important d'œufs qu'elle pond pour la reproduction, on offrait le moule
ou le gâteau lors des mariages.
Le crapaud qui était censé avoir des pouvoirs de
guérison contre la stérilité, le fait de manger de ce gâteau en forme
de crapaud était un « remède » pour avoir des enfants.
L'agneau qui symbolise l'agneau pascal que l'on
offrait à Pâques, cette friandise existait déjà bien avant le chocolat
que l'on offre actuellement.
Le lièvre qui symbolise le renouveau du printemps car c'est à cette époque qu'on le voit à nouveau courir dans les campagnes.
La poule, moule rarissime, l'unique exemplaire connu est conservé dans notre musée.
L'étoile qui symbolise la nativité et l'adoration des Rois Mages.
L'aigle à deux têtes, symbole de l'empire prussien sous Guillaume II auquel l'Alsace et une partie de la Lorraine étaient rattachés de 1871 à 1918.
L'aigle regardant en arrière était l'emblème de Napoléon III.
Le panier de fruits, symbole d'abondance, était utilisé durant les récoltes.
La grappe de raisins qui symbolise la récolte et était utilisé lors des vendanges.
Le Lintwurm, monstrueuse créature imaginaire d'Europe
centrale et de Scandinavie, il a un corps de serpent et une tête de
dragon, ce moule est rarissime.
Source : www.paindepices-lips.com
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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…
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